En cette journée de la femme, nous entendons l’histoire de la samaritaine. L’Évangile de la Samaritaine nous montre une scène bouleversante.
Jésus s’arrête. Il parle. Il écoute. Il parle à une femme. Seule. Samaritaine.
À son époque, cela ne se faisait pas. Les barrières religieuses, culturelles et sociales étaient fortes. Mais Jésus franchit ces barrières.
Il ne la réduit pas à son passé. Il ne la juge pas. Il la reconnaît.
Il lui révèle qu’elle a soif — et que Dieu a soif d’elle aussi. Et surtout, il lui confie une mission. Elle devient la première messagère auprès de son peuple. Déjà là, Jésus annonce quelque chose d’immense : aux yeux de Dieu, nous sommes égaux.
Et pourtant…
Encore aujourd’hui, les femmes ne sont pas toujours reconnues à égalité.
Encore aujourd’hui, des femmes sont humiliées, contrôlées, rabaissées.
Encore aujourd’hui, trop de femmes meurent sous les coups de leur conjoint.
Chaque année, les chiffres des féminicides nous bouleversent.
Des vies brisées, des enfants marqués à jamais, des familles détruites.
On ne peut pas lire la Samaritaine sans entendre ce cri. On ne peut pas entendre Jésus dire: « Donne-moi à boire » sans comprendre qu’il redonne dignité à celle que la société marginalise.
Heureusement, il y a des femmes qui ont changé le cours des choses : des femmes connues, des femmes anonymes, des femmes courageuses.
Je pense à ma grand-mère maternelle, Jeannette. Elle a eu trois enfants parce que c’était son désir. On se doute que cela ne faisait pas toujours l’affaire du curé de sa paroisse, qui venait lui rappeler qu’elle “devait” en avoir plus. Peut-être est-ce pour cela qu’elle nous disait, à l’église : « N’écoutez pas le gars habillé en blanc… suivez celui sur la croix. »
Elle avait compris quelque chose d’essentiel : la foi ne consiste pas à obéir aveuglément, mais à suivre le Christ.
Nous ne sommes pas en l’an 2000. Son premier enfant est né en 1938.
Et pourtant : Elle a exigé que ses deux filles obtiennent un diplôme avant de se marier. Elle a appris à son fils à cuisiner. Elle a aidé d’autres femmes à prendre leur place. Elle a planté des graines de liberté.
La Samaritaine a laissé sa cruche pour annoncer la Bonne Nouvelle. Ma grand-mère, elle, a laissé des traces dans nos vies. Aujourd’hui encore, des femmes se lèvent : dans les maisons, dans les écoles, dans les milieux communautaires, dans l’Église.
Elles continuent de puiser à la source. Et nous, comme communauté chrétienne,
sommes appelés à reconnaître leur dignité, à dénoncer la violence, à soutenir celles qui souffrent, à éduquer nos garçons et nos filles dans le respect. Parce que suivre celui sur la croix, c’est choisir la justice. C’est choisir la dignité. C’est choisir la vie.
À la source, nous sommes tous égaux.
Bonne journée des femmes à toutes!
Ani
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